Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 10:37

IMG_1173.JPG

Atelier d’écritures,  créations  et  arbres  

Dimanche 3 juillet

15 heures – 18 heures

Près du château de Vincennes.

 

Nous avons tous besoin de nous exprimer. Souvent nous n’avons ni le temps, ni l’énergie, or la création sommeille en chacun de nous.

Il s’agit de réveiller notre enfant artiste, de le laisser revenir à nous et entendre ce qu’il a à nous dire. Pour cela, il s’agit de se poser dans le ici et maintenant et oser, oser écrire, oser être dans toutes nos dimensions.

L’atelier du 3 juillet portera sur la faculté des histoires à provoquer un séisme en nous ; nous irons explorer son mystère.

Le thème de l’arbre nous guidera, comme une de ces boîtes magiques que nous ouvrons dans les heures enfantines et les greniers.

L’arbre renvoie à la verticalité, au lien entre le ciel et la terre, à la notion du maintenant… et tant d’autres notions… Des tremplins d’écriture et des exercices de qi-gong seront proposés pour incarner ce présent où les portes créatives s’ouvrent.

L’atelier est mené par Marie Debray, écrivain et entraîneuse à la vie artistique et poétique.

L’atelier aura lieu dans l’atelier du Jarry, à Vincennes. Métro Château de Vincennes.

Le coût : 40 Euro (payable à l’avance) ; l’adresse sera précisée aux participants.

 

Contact : plumesmagiques@gmail.com

 

Par magic plum
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 13:43

L'ankou s'habille en Desigual 


L'ankou, le faucheur d'âme, m'attend en bas de l'escalier. "Saute, me crie-t-il, saute! Il fait de grands gestes avec sa faux. Moi je me moque gentiment : 
- "Eh, l'ankou, c'est quoi cette tenue, là, tout en noir, même la montre. T'as une séance SM de prévue après ou quoi? 
L'ankou ne goûte pas trop mon sens de l'humour. 
- C'est pour ton enterrement, il est de coutume de se vêtir de noir ! 
- Dis donc l'ankou, je te croyais Breton, qu'est ce que tu fous à Paris ? 
-Je suis venu te chercher, l'ankou cueille des Bretons partout dans le monde. 
- Oui mais l'ankou, moi je veux bien que tu viennes me chercher, mais je ne sors pas avec n'importe qui, t'as vu comment t'es sapé? Tu mets minimum une chemise bleue, ou alors le total look Desigual, la marque barcelonaise. C'est sûr, ça fait un peu hippie, mais ça te changera! 
L'ankou est ulcéré. Il monte les escaliers : je sens qu'il va venir me pousser. Mon heure serait elle arrivée? Je prends mon iphone et je montre à l'ankou des photos des vêtements desigual. C'est le coup de foudre immédiat : finis les atours tristounets, les ponchos macabres. L'ankou a décidé de faire un relooking. C'est vrai qu'il n'a pas beaucoup séduit ces derniers temps; et puis un petit blanchiment des dents, ce ne serait pas du luxe non plus...L'ankou et moi on fait les magasins bras dessus bras dessous, on fait chauffer le porte feuille. Je me mets dans une m... noire financièrement, mais j'ai au moins obtenu un sursis. J'ai réveillé le dandy qui sommeillait en l'ankou; maintenant il a l'air d'un clown et fait rire les enfants. Il a décidé de se reconvertir : désormais il sera nez rouge dans un hôpital pour enfants malades. 

 


L'étranger 


Depuis son départ, il me manque 
je ne sais qui il est 
il ne sait qui je suis 
c'est à peine si je l'ai vu 
c'est à peine si il m'a reconnue 
on ne s'est même pas enbrassés 
il ne m'a même pas touchée 
l'ai je jamais regardé dans les yeux 
a t-il jamais croisé mon regard 
avons nous respiré le même air 
avons nous dansé sur la même musique 
ai-je provoqué en lui des sensations 
a t-il eu pour moi des sentiments 
toujours est il qu'il m'a lue 
et bien lue 
c'est mon plus fidèle lecteur.

 


Les mots pour le dire


Tu l'as laissé partir. Il fallait la noter ton 
idée. Dans un carnet ou sur ton smartphone. 
Maintenant on est là à se demander quelle 
consigne on va bien pouvoir inventer. La culture 
du chou de Bruxelles en Belgique ou la 
recrudescence des coccinelles en vendée. Ce n'est 
pas facile d'écrire sur du vide. Du rien. Ya pas 
marqué nihiliste. Moi si je n'ai pas de sujet et 
un sujet précis qui plus est, je n'écris pas. Tu 
ne voudrais pas que j"écrive pour ne rien dire. 
Juste pour la forme, la musique? Je ne suis pas à 
ce point formaliste. Je t'assure, trouve moi une 
accroche, une amorce, une idée, un sujet, quelque 
chose. Aligner des mots pour aligner des mots 
c'est un peu vain. "La poésie ne se fait pas avec 
des idées, elle se fait avec des mots" disait 
Mallarmé. Certes, bon, mais si en plus ça fait 
sens, c'est mieux, non? Bon, on est pas obligé de 
finir sur une morale à tout prix, mais un minimum 
de message, c'est plus intéressant. Enfin moi, ce 
que j'en dis. Si tu n'as pas d'idée, tu n'as pas 
d'idée. On ne va pas en faire toute une histoire. 
J'aurais bien dit tout un fromage, mais à cette 
heure ci c'est risqué. Parce que non seulement, 
on n'a pas d'accroche, pas la moindre consigne, 
rien mais en plus c'est l'heure du dîner. Et on a 
rien là non plus. La dèche totale. Moi je ne sais 
pas, je sèche; Et puis écrire le ventre creux, ça 
n'améliore pas le contenu sémantique de ma prose. 
Moi je suis incapable de déblatérer sur du vide 
pendant des phrases et des phrases. Mes textes 
sont riches de sens, tu vois. Alors si c'est pour 
enfiler les clichés à la pelle pour ne rien 
dire... Moi je dis non; Un philosophe a dit que 
la pensée qui s'éveille commence par dire non. On 
pourrait peut-être commencer par là, non ? 


C'est au pied du mur qu'on voit le maçon 

 

Depuis que je fréquente des francs maçons, je vois des maçons ou des signes de maçonnerie partout. Regardez cette horloge en forme de triangle, ce compas, cette équerre. C'est la flûte enchantée dans ma tête à temps plein. Et cette main serrée, c'est celle d'un maçon c'est certain. Et si moi aussi je devenais franche maçonne? Mon ami pourrait m'intrôniser : il en est à son deuxième dico sur le sujet...Le rituel a l'air compliqué et le rite chronophage. Mais on rencontre des gens très bien. Il est même des loges mixtes. Alors pourquoi pas moi? Je vais demander à mon homme ce qu'il en pense; je vais lui téléphoner, tiens; euh non, il est toujours occupé; je vais sortir de chez moi, prendre la ligne 3 puis la 7 et monter quatre à quatre l'escalier en colimaçon. Argh, voilà que ça me reprend, j'aurais mieux fait de prendre rdv chez le psy.

Mon Dieu! 


Nous sommes tous plus ou moins manipulés. Qu'on soit esprit fort ou esprit faible. Qu'on aime recevoir des ordres ou qu'on n'aime pas cela. Toujours une ascendance s'exerce sur nous. Ascendance de toutes sortes. Chef imposé ou choisi, Dieu des religions, Dieu des philosophes, Dieux des stades ou Dieux vivants. Ni Dieux ni maîtres, mon oeil! Qui peut se targuer de ne recevoir aucune influence d'aucune sorte? Même les morts nous gouvernent, consciemment ou à notre insue. Nous sommes nés inféodés à des rois, des souverains. Mère marâtre et enfant roi , même combat. Certes le monde n'est pas rempli de pervers narcissiques près à vider les autres de leur substance. Mais même l'ermite est soumis à des lois qui le dépassent, celles de la nature. Il ne peut prétendre se déprendre de toute pression extérieure et il a forcément intériorisé des règles dès le plus jeune âge, qu'il continue à suivre malgré lui. Manipulé, déterminé, l'homme aspire à la liberté. Mais une liberté totale semble impossible tant nous sommes soumis à l'altérité. Alors le mieux c'est de prendre plaisir à être manipulé, à être le jouet d'autrui. Le plaisir de devenir une chose, soumise au bon vouloir d'un Dieu ou d'un maître; puisque de toutes façons la liberté absolue est un leurre. Autant jouer de la subordination, la provoquer même pour en tirer une jouissance. S'inventer des Dieux vivants, des superhumains, nos modèles, nos muses...

Isabelle Marc

Par magic plum
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 10:30

Nous c’est Samouraï

Moi je dis « aille »

Où est la faille ?

Tuons nous dans la paille

 

Nous c’est élite

Moi j’ai une grosse bîte

Il faut aller vite

Pour faire le tour du site

 

Nous c’est Massaï

Moi je baille

Je vous dis bye bye

Il faut que je me taille

 

Nous c’est FBI

Moi je caille

Ici on utilise de l’ail

Vraiment ça caille !

 

Nous c’est police

Moi je pisse

Tout se tisse

Il faut que tu ratisses

 

Nous c’est soldat

Moi je fais un pas

Donne le son du la

Et je te mettrai ça

 

Nous c’est cavalerie

Moi je lance des cris

LA mort fait le tri

Soutenons la patrie

 

Nous c’est artillerie

Moi je suis la batterie

Il faut que je prie

Quelle tuerie

 

Nous c’est sans arme

Moi j’use de mes larmes

Restons de couleur parme

Pas besoin d’armes

Ann Cancoin

Par magic plum
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 12:09

Amour distillé (Emily Dickinson, etc.)

 

Elle revint dans ce monde

Mais avec un je ne sais quoi de l’autre

Une sorte de compromis, comme si une motte de terre

Épousait une violette

 

On voyait dans ses yeux

Des étincelles de perle

Qu’elle avait caché jusque-là

Comme si au loin, elle avait découvert un trésor aztèque

 

Elle marchait d’un pas serein

Portant son avenir en bandoulière

Avec un peu de passé en poussière

Sur le bord de son chapeau incliné

 

Entre les saisons

Ces talons raisonnaient d’un trottoir à l’autre

Des regards d’offrande la suivaient

Elle préférait les distancer avec soin

 

Elle distillait son amour

Comme des pétales qui sèchent

Tôt le matin avant que le soleil ne soit trop haut

Et son visage portait un sourire

 

À la fin, elle retrouvait la terre

La creusait jusqu’à l’infini

Recherchant pour toujours l’inconnu

Ou ce visage en reflet, qu’elle avait observé un jour à côté du sien

 


 

L’affaire Krapoutasse

 

« Un peu de silence, ou je fais évacuer la salle !!! », s’emporte le président du tribunal.

L’ambiance est âpre, tintammaresque.

Le président aime tellement les audiences calmes.

- Maître Alphonse, un commentaire ?

- Non votre honneur, tout ceci est parfait.

- Maître Huysmans ?

- Pareillement.

Le président rêve.

Et le tribunal en fusion rend son rêve cauchemardesque. Il faut dire que le dragon jugé aujourd’hui a effrayé des foules et des foules de villageois pendant des mois, décimé des familles, et réduit en cendres la moitié du village.

La haine est là, présente sur 98 visages.

Et pour couronner le tout, Krapoutasse le Dragon a choisi Maître Kroz comme avocat. L’immonde Maître Kroz, qui a déjà innocenté treize sorcière, qui faisaient pourtant tourner des chats, incendier des vivants d’un simple pointement de doigts ou inonder des récoltes sous des litres d’eau impur.

Maître Kroz, ce vieux grigou, qui présente bien, toujours alme et détendu, et qui sait comment enflammer une salle d’une provocation bien placée. Il vient de l placer : Krapoutasse, le dragon, ne connaissait pas les rites humains, et s’incendier entre dragons est un signe de respect mutuel, voire de franche camaraderie.  Ire de la salle.

Le président Flakousse, à grands coups de marteaux fastidieux, a ramené le calme. Il serre toujours le marteau dans sa main droite. Ses doigts deviennent pâles à force de l’enserrer.

Et soudain, un voile blanc, puis noir. Tout est calme, tout doux. Le président Flakouss est heureux, il dérive tranquillement, flotte sur une petite barque.

Dans la salle, toute l’assemblée, le dragon y compris, observe le président vient de s’effondrer d’un coup.

On tâte son pouls. Il n’a plus de pouls…

 

 


 

 

Attrapeuse de rêves

 

- Quand j’étais petite, déclara-t-elle, déjà toute petite, je m’en souviens, je voulais, je rêvais, c’était mon rêve.

- Toute petite, toute petite, ton rêve, tu rêvais. De quoi tu parles ?

- Je te parle de ce qui compte pour moi, de ce que devrait devenir ma vie, guidée par ce rêve.

- Et l’as-tu suivi ce rêve ?

- Je l’ai frôlé, serré dans mes bras, je l’ai laissé s’échapper pour qu’il respire et que je respire. Je l’ai rattrapé, il m’a brisé, je le croyais envolé. Je l’ai alors abandonné, et un jour, il s’est de nouveau présenté, encore plus beau, encore plus grand. Et pas si loin de moi. Je n’ai eu qu’à faire quelques pas, même si ces pas ont duré des mois.

- Et une fois qu’on atteint son rêve que fait-on ?

- Tu n’as pas atteint ton rêve, toi ?

- Mmm, j’ai toujours cru que les rêves étaient pour les autres.

- Tu te trompais, une fois, que tu atteins ton rêve, tu te reposes un peu, le sommeil vient, il t’emporte, un nouveau monde se  dessine.

- Et tu te trouves un autre rêve ?

- Parfois oui, parfois non. Moi je ne voulais rêver qu’une fois, mais du début à la fin.

- Je ne vois pas l’intérêt de rêver si à la fin, il y a une fin.

- Moi j’aime bien quand les choses se finissent bien.

 

 Sébastien Peyraud

 

Par magic plum
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 11:57

Cet arbre est tordu, son ombre est douce.

Ève est allongée dessous ou dessus, c'est selon.

Elle prend son petit-déjeuner. Elle a dévalisé la cuisine de sa grand-mère et s'est fait un plateau copieux.

Allongée sur le ventre, dans l'herbe, les jambes en l'air, elle trempe son pain au chocolat dans son thé, boit une gorgée de café et pique sa fourchette dans ses œufs brouillés. Elle s'essuie la bouche avec un doigt.

Elle porte sa tenue de nuit : un shorty et un débardeur.

Elle contemple le champ face à elle, et cette petite chaumière au loin.

Ève s'imagine peintre. En réalité, elle est photographe.

Elle se lève pour aller chercher son boîtier Canon, et, là, toute la fête de la veille lui remonte à la tête. Surtout l'alcool plus que la fête d'ailleurs. Elle titube un peu et reprend l'équilibre, en posant sa main sur l'arbre, bras tendu.

Après quelques secondes, la jeune fille rerespire et savoure la douceur de l'herbe sous ses pieds.

Elle contemple le paysage. La lumière du sud.

Elle photographie le tout avec ses yeux, en penchant la tête sur la gauche.


 



Un immeuble s'épuise tranquillement

Harcelé de bombes, il a perdu de sa superbe

Un peu de sa façade aussi

Mais il tient toujours debout, avec quasi tous ses étages.

Il penche un peu.

On entend sa souffrance de temps en temps

Comme si ces craquements intermittents étaient ses soupirs.

 

Une poule rachitique passe devant.

Elle a beau être toute déplumée,

Elle marche la tête haute.

Avançant lentement,

Tournant la tête de-ci de-là, toujours très droite.

 

Hakim a son lance-pierre à la main.

Il a appelé cette poule Terjoum

Et il s'amuse tous les jours à la viser.

Ou plutôt à viser juste à côté d'elle.

Il aime observer sa surprise.

La regarder bondir et s'enfuir,

Disparaître derrière l'immeuble.

Un immeuble en souffrance

Dont on entend les soupirs

Les râles d'un passé

Ici, tout est noyé sous la poussière d'une ville effritée

Comme ce sable qui colle à ses pieds

 

Terjoum réapparaît

L'enfant la guette, lui sourit

L'immeuble rend son dernier souffle.

Il emplit la rue d'un nuage,

Des strates de poussière supplémentaires.

Ce n'est plus qu'un amas de gravas

Hakim se protège les yeux de sa main gauche.

Terjoum, à ses pieds,

Fait des petits mouvements de tête circulaires,

La tête droite.

 

Sébastien Peyraud

Par magic plum
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés